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Editorial - Pour une vie authentique

2015-11-27 14:09:17 | Commentaires


Une confidence faite aux milliers de jeunes réunis dans le stade Kasarani de Nairobi peut résumer la consigne que le Pape laisse au Kenya. Jorge Mario Bergoglio a en effet dit qu’il avait toujours dans sa poche un chapelet et une petite Via crucis, car ce sont ces petits objets qui lui rappellent l’unique aide véritable sur le chemin de la vie, puisée dans la prière constante et dans la contemplation de la Passion de Jésus: un échec aux yeux des hommes, mais qui s’est conclu par la résurrection. C’est pourquoi le Souverain Pontife ne perd pas l’espérance, malgré toutes les difficultés.

Le Pape a longuement dialogué avec les jeunes, en mettant de côté le texte préparé pour répondre avec le cœur à leurs préoccupations en improvisant en espagnol, comme il l’avait fait lors de la rencontre avec huit mille religieuses, religieux et prêtres. Et immédiatement après, dans une salle de ce même stade, il s'est entretenu avec les évêques. Ainsi, ces deux rendez-vous, dépouillés de tout protocole et précédés par la visite à l’un des quartiers pauvres de la capitale, celui de Kangemi, a conclu les journées passées au Kenya, objectif initial du premier voyage africain du Pape.

Pourquoi le mal, le fanatisme, le tribalisme, la corruption? Les questions des jeunes se sont entrecroisées avec la réflexion et avec la méditation du Pape et avec le message qu’il lance, pas seulement au Kenya, pas seulement à l’Afrique. Les questions sont en effet celles de toujours et les difficultés sont partout: ainsi, au Vatican aussi il existe des cas de corruption, a réaffirmé le Pape. Et utilisant une image très efficace, il a comparé cette menace, très répandue dans la politique, à la douceur du sucre qui provoque de sérieuse maladies, car la corruption est un chemin de mort.

Une critique sévère et circonstanciée à la société de l’opulence, «endormie par la consommation effrénée», a été lancée dans le discours que le Pape François a prononcé à Kangemi, où il s’est référé à la sagesse des quartiers populaires et à la possibilité d’une culture différente fondée sur «des valeurs qui ne sont pas cotées en bourse», dénonçant en parfaite cohérence avec l’enseignement social de l’Eglise l’injustice «atroce» de l’exclusion urbaine, le manque d’accès aux infrastructures et aux services de base (comme celui de l’eau potable) et les nouvelles formes de colonialisme qui oppriment l’Afrique.

Qu’une autre mentalité soit possible est également révélé par l'œuvre de femmes et d’hommes qui, dans la consécration au Seigneur, vivent de manière vraiment alternative, pour suivre l’appel de Jésus. Le Pape s’est adressé à eux tous en rappelant la nécessité de la prière et de la reconnaissance de ses propre péchés, et ils les a remerciés car ils consument «leur vie dans l’espérance». Des vies véritablement authentiques, auxquelles le Pape a exhorté les jeunes dans le stade, afin qu’ils ne se découragent pas face aux difficultés mais qu’ils les vivent pour les surmonter, comme des athlètes en compétition, sans se laisser corrompre.

Et à la veille de la conférence de Paris sur le changement climatique, au siège des Nations unies à Nairobi, le Pape a de nouveau exprimé sa préoccupation. Il serait en effet catastrophique si des intérêts particuliers prévalaient sur le bien commun, alors qu’il est nécessaire que la politique et l’économie soient au service des peuples et se prodiguent pour promouvoir des styles de vie respectueux de la création, dont la beauté doit être transmise aux générations futures.

g.m.v.

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